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L'histoire de l'épilepsie

Épilepsie : Étymologie, epilepsia en grec, qui tire son origine du verbe epilambanein, signifie saisir ''attaquer par surprise'' ou possession. Les crises étaient attribuées aux démons et ils appelaient l'épilepsie : '' La maladie sacrée '' 

L'épilepsie a longtemps été considérée comme ayant une origine spirituelle. Les plus anciens documents en lien avec l'épilepsie datent de 2000 ans av. J.-C., où à cette époque, on attribue un caractère surnaturel à la maladie. Chaque type de crises est associé au nom d'un esprit ou d'un dieu malfaisant. 

Au Vième siècle av. J.-C., Hippocrate émettait l'hypothèse d'un dérèglement cérébral  comme cause. Cette conception totalement révolutionnaire commença à se répandre seulement aux XVIIIe et XIXe siècles. 

Durant 2000 ans, il y a eu beaucoup d'incompréhension et de crainte résultant trop souvent d'un rejet des patients qui sont traités avec mépris. La nature de la pathologie était souvent déformée par les mythes et la peur. Aujourd’hui encore, les personnes qui souffrent de cette maladie ne sont pas à l’abri des fausses conceptions entretenues par l’opinion publique. Pourtant beaucoup de personnes célèbres ont marqué l'histoire même étant épileptique; Jules César, Van Gogh, Molière, Napoléon Bonaparte. 

Au XIXe siècle une nouvelle discipline médicale naît : la neurologie, qui sera une discipline totalement distincte de la psychiatrie. 

En 1857  le premier médicament efficace pour traiter l'épilepsie est développé, soit le bromure.

En 1873, les travaux du neurologue Hughlins Jackson constituent un grand pas vers la conception moderne de l'épilepsie. Il émet l'hypothèse que les crises d'épilepsie sont provoquées par des décharges électrochimiques brutales dans le cerveau et que le caractère des crises est lié à l'emplacement et à la fonction du site de ces décharges.

 

En 1920, le psychiatre allemand Hans Berger met au point la technique de l' électroencéphalographe (EEG), technique qui permet la détection et la mesure de l'activité électrique du cerveau et qui confirmera l'hypothèse de Jackson.

Enfin, les développements technologiques concernant le matériel de neuro-imagerie ont permis d'améliorer encore plus la détection des petites lésions cérébrales (d'origine traumatique, congénitale, infectieuse, vasculaire, tumorale, dégénérative) à l'origine de l'épilepsie. On doit notamment ces avancées au développement de la scanographie (ou tomodensitométrie), l'imagerie par résonance magnétique (IRM), la tomographie par émission de positon (PET) et la tomographie par émissions de photon (SPECT)

Au Canada, l'épilepsie est une condition qui affecte 1% de la population, soit 360 000 personnes. L'épilepsie touche plus de personnes que le trouble du spectre de l’autisme, la sclérose en plaques, la paralysie cérébrale et la maladie de Parkinson réunit, et pourtant, l’épilepsie reçoit moins de fonds fédéraux par patient que chacune de ces maladies.

Sur les 360 000 Canadiens qui sont atteints de l'épilepsie, 70% des personnes atteintes peuvent prendre le contrôle des crises avec uniquement de la médication.

 

Sources: 

  •  P. Bourget. Neuro-Rétro. Quand Hippocrate démystifiait l’épilepsie. Act. Méd. Int. - Neurologie (1) n° 4, septembre 2000

 

  • Céline Chérici. Histoire de l’épilepsie dans les pratiques cliniques 1850-1950. Les Cahiers du Comité pour l’histoire de l’Inserm 2020. Du cerveau aux neurosciences : itinéraires dans la longue durée, 1/2, pp.29-3

 

  • Benoît Borner, Victor Starkenmann. L’épilepsie, des croyances populaires à la réalité de la pathologie. Faculté de Médecine de Genève, juin 2012

 

  • Marion Cossecq. L’épilepsie et son traitement par les benzodiazepines... Médecine humaine et pathologie. 2014

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